La nécessité de ramener deux salaires

Publié le 17 janvier 2026 à 07:01
deux salaires

Alors qu’il y a quelques décennies, un seul revenu familial suffisait à couvrir les besoins essentiels, la hausse des prix rend cette situation de plus en plus rare. Pourtant, son effet sur le quotidien est souvent sous-estimé.

 

Je comprends parfaitement que les femmes aient envie de travailler. Mais le fait qu’il n’y ait souvent plus personne à la maison a des conséquences réelles : le temps manque pour éduquer les enfants, préparer des repas sains…Je ne prétends pas que les femmes devraient arrêter de travailler, mais je pense que la présence d’un parent à la maison pourrait rééquilibrer bien des choses. Élever des enfants et gérer un foyer n’est pas un sacrifice : c’est un travail à part entière, exigeant et précieux, et il n’y a rien de dégradant là-dedans, bien au contraire.

 

Aussi, comment ne pas manquer de temps pour l’essentiel lorsque nous sommes deux à travailler ? Par essentiel, j’entends ce qui fait véritablement la vie : les moments passés en famille, les échanges, les rires, le soutien mutuel…Tout ce qui construit des liens solides et donne du sens à notre quotidien. Travailler à plein temps et jongler avec mille obligations laisse souvent peu de place à cette véritable richesse, pourtant irremplaçable.

 

Comment voulez-vous que les enfants, futurs adultes, soient vraiment bien dans leurs baskets si nous manquons de temps pour leur transmettre les clés de leur construction personnelle ? Ce temps consacré à les écouter, les guider, les encourager, à partager avec eux des expériences et des repères, est essentiel pour qu’ils apprennent à se connaître, à comprendre le monde et à se sentir confiants. Sans cet accompagnement, ils risquent de grandir en naviguant à vue, privés des fondations nécessaires pour s’épanouir pleinement. Les enfants, souvent livrés à eux-mêmes ou à des écrans, voient diminuer leurs interactions humaines et leur capacité à développer des compétences sociales essentielles.

 

Lorsque les deux parents travaillent à plein temps, ce n’est pas seulement le quotidien familial qui est affecté : la société dans son ensemble en ressent les effets. La fatigue généralisée et le stress des adultes se traduisent par moins de disponibilité émotionnelle, non seulement pour leurs enfants, mais aussi pour leur entourage et leurs communautés.

 

Cette dynamique influence également les structures collectives : clubs, associations, activités scolaires ou sportives peinent à trouver des bénévoles ou des encadrants, car les adultes sont pris par leur rythme professionnel. La précipitation constante, le manque de temps libre et la pression économique contribuent à créer une société où chacun court après le temps, au détriment de la transmission, de la solidarité et du lien intergénérationnel. En somme, la course au travail à double rythme ne fragilise pas seulement les foyers, elle affecte la cohésion sociale et la qualité de vie de tous.

 

Repenser notre rapport au travail et au temps n’est donc pas un retour en arrière, mais peut-être une avancée nécessaire. Reconnaître la valeur du temps passé à éduquer, à transmettre et à faire vivre un foyer, c’est reconnaître ce qui fonde une société équilibrée et humaine. Il ne s’agit pas d’opposer travail et famille, ni d’imposer un modèle unique, mais de se demander collectivement ce que nous voulons vraiment préserver. Car à force de courir après la sécurité matérielle, nous risquons d’oublier que la véritable richesse se construit d’abord dans le temps donné aux autres, et à ceux que nous préparons à devenir les adultes de demain. Reste alors une question incontournable : comment rendre ce choix possible dans un monde où le coût de la vie ne cesse d’augmenter ?

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