Qu’on le veuille ou non, la France a des racines chrétiennes. Elles ont façonné son histoire, son calendrier, ses paysages, ses traditions et une part essentielle de son identité culturelle. Les reconnaître n’exclut personne et n’impose aucune croyance. Pourtant, au nom d’une neutralité mal comprise, certains voudraient voir disparaître ces héritages, comme si les effacer était une condition du vivre-ensemble. Cette confusion interroge : peut-on réellement construire une société apaisée en reniant ce qui l’a fondée ?
Certains encouragent et célèbrent les traditions des autres, tout en souhaitant reléguer celles issues du christianisme à l’arrière-plan. Je peine à comprendre cette logique. Il y a de la place pour toutes les traditions : aucune ne mérite d’être effacée ni dévalorisée. Pourquoi vouloir rebaptiser Noël en simple « fête de l’hiver » ? Qu’y a-t-il de condamnable à appeler une fête par son nom et à assumer son origine ? Célébrer Noël n’empêche en rien de reconnaître et de respecter d’autres fêtes, d’autres cultures, d’autres croyances. L’un n’exclut pas l’autre. Chacun est bien sûr libre de croire ou de ne pas croire. La foi relève de l’intime, du personnel, et appartient à la sphère privée. Mais de là à gommer des traditions millénaires qui ont façonné notre histoire, notre culture et notre identité collective, quel dommage.
J’ai eu la chance de connaître, dans les années 1980, une époque où les trois grandes religions monothéistes se côtoyaient naturellement, sans crispation ni arrière-pensée. Juifs, musulmans et chrétiens partageaient leurs fêtes respectives, s’invitaient mutuellement, échangeaient dans la bonne humeur et le respect. Chacun restait fidèle à sa culture, sans que cela ne pose le moindre problème à l’autre. Le contraste avec la situation actuelle est saisissant. Comment ne pas éprouver une profonde tristesse face à ce que nous sommes devenus ?
Où est donc le fameux « vivre ensemble » lorsqu’il se traduit par la suppression ou la mise sous silence de certaines traditions ? Le respect mutuel ne consiste pas à effacer ce qui dérange, mais à accepter la diversité des héritages et des expressions culturelles. Vouloir gommer des traditions au nom de l’inclusion, c’est paradoxalement créer de la frustration, de l’incompréhension et du ressentiment. Le véritable vivre ensemble ne naît pas de l’uniformisation, mais de la reconnaissance réciproque : accepter que chacun puisse exister pleinement, sans que cela n’efface l’autre.
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