L'individualisme

Publié le 27 décembre 2025 à 08:00
l'individualisme

« Moi, moi, moi » : le refrain du siècle ? À force de prôner le bien-être, la réussite individuelle et l’amour de soi, nos sociétés occidentales semblent avoir fait du nombrilisme une valeur. Et si, à force de se recentrer, on perdait le sens du collectif ?

 

Je suis convaincue qu’il est essentiel de se faire du bien avant tout, prendre soin de soi pour trouver un certain équilibre avant d’affronter le monde. Mais cela ne veut pas dire oublier l’autre. Se recentrer sur soi ne devrait pas devenir synonyme d’indifférence. Or, dans notre société, l’entraide et l’empathie semblent, en partie, avoir disparues. J’ai l’impression que la bienveillance, nous l’appliquons avant tout à nous-mêmes.

 

Les plateformes numériques encouragent une visibilité constante de soi, où l’image personnelle devient un projet à part entière. Cette logique de performance et de validation par les autres peut détourner l’attention du collectif et nourrir un individualisme parfois inconscient.

 

Dans un monde incertain, se replier sur soi peut apparaître comme une stratégie de protection. Lorsque les repères collectifs s’effritent, l’individu cherche à se sécuriser par le contrôle de sa propre trajectoire. Je pense que c’est au contraire dans les moments difficiles qu’il est nécessaire de se serrer les coudes. Réapprendre le collectif commence souvent à petite échelle : dans un regard attentif, une écoute sincère, un engagement local ou un temps donné à l’autre, autant de gestes simples et discrets qui, mis bout à bout, constituent pourtant les fondations d’une société plus juste et plus humaine.

 

Mon père m’a appris à faire passer l’intérêt général avant l’intérêt particulier. Avec le temps, j’ai compris à quel point cette leçon était précieuse. Dans une société souvent centrée sur la réussite individuelle, il me semble essentiel de se rappeler que le bien commun fonde notre équilibre collectif. Si chacun pensait un peu plus au « nous » avant le « moi », bien des tensions s’apaiseraient et les injustices reculeraient. Je suis convaincue que lorsque le groupe se porte mieux, l’individu trouve aussi davantage de sérénité et de sens. C’est, à mes yeux, une véritable clé pour construire un monde plus juste et plus humain.

 

En bref, je crois qu’il est nécessaire de trouver un équilibre entre son propre bien-être et celui des autres. Prendre soin de soi n’exclut pas de penser au collectif, et œuvrer pour le bien commun ne doit pas nous faire oublier nos besoins personnels. Ce travail sur soi n’est pas un acte d’égoïsme, mais une condition nécessaire pour pouvoir ensuite contribuer pleinement à la vie collective. C’est donc dans l’harmonie entre l’individuel et le collectif, dans cette réciprocité où chacun trouve à la fois à se nourrir et à donner, que réside, selon moi, la véritable force pour construire une vie plus épanouie et un monde plus juste.

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