Le féminisme à deux vitesses

Publié le 28 décembre 2025 à 08:56
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Le féminisme se veut universel, mais dans les faits, il avance souvent à deux vitesses. Lorsqu’il s’agit de défendre les femmes, toutes ne bénéficient pas de la même indignation ni de la même solidarité. Selon les convictions politiques, certaines victimes sont mises en avant quand d’autres sont reléguées au silence. Une dérive inquiétante pour un combat qui devrait, par essence, dépasser les clivages idéologiques.

 

Là où devrait régner l’unité, persiste un clivage gauche-droite qui me met hors de moi. Face à des enjeux aussi fondamentaux que les droits et la dignité des femmes, comment accepter que des logiques partisanes continuent de dicter les positions, de fragmenter les luttes et parfois même de les affaiblir ?

 

La cause des femmes n’est ni de gauche ni de droite : elle est universelle. Elle touche à l’intégrité des corps, à l’égalité des chances, à la liberté de disposer de soi, à la sécurité, au respect. Autant de valeurs qui devraient transcender les appartenances politiques et rassembler au-delà des camps.

Pourtant, au lieu de faire front commun, on assiste trop souvent à des querelles idéologiques, à des récupérations ou à des silences calculés. Ces divisions détournent l’attention de l’essentiel et retardent les avancées concrètes. Pendant que l’on débat de l’étiquette sous laquelle défendre les femmes, ce sont elles qui continuent de subir les violences, les discriminations et les inégalités.

Mettre de côté les clivages ne signifie pas nier les désaccords, mais reconnaître qu’il existe des combats qui exigent un minimum de consensus moral. La défense des droits des femmes en fait partie. Elle devrait être un socle commun, un point de départ, et non un terrain de confrontation supplémentaire.

 

Une autre question s’impose alors : à qui profitent ces divisions ? Certainement pas aux femmes. Chaque fracture au sein de ce combat affaiblit la portée des revendications et offre un alibi commode à l’inaction. Tant que la cause des femmes reste enfermée dans des camps politiques opposés, elle peut être relativisée, instrumentalisée, repoussée. La division n’est pas neutre : elle a un coût humain. Elle ralentit les réformes, dilue les priorités et laisse perdurer des situations que l’unité aurait pu faire reculer plus vite. L’absence de front commun n’est pas un simple désaccord théorique ; elle se traduit par des vies entravées, des violences non traitées, des droits inachevés.

 

Cette division me révolte parce qu’elle est inutile, et surtout parce qu’elle est évitable. La cause des femmes mérite mieux que nos querelles : elle mérite un sursaut collectif. Mettre l’unité au premier plan n’est pas un renoncement ; c’est un acte de responsabilité. La vraie question n’est donc pas de savoir de quel côté l’on se situe, mais si l’on est prêt à faire passer l’essentiel avant l’idéologique. Sommes-nous capables, enfin, de nous rassembler quand la dignité humaine est en jeu ?

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