Les dons d'argent pour les causes lointaines

Publié le 11 mars 2026 à 07:51
dons d'argent

Aider les autres est en soi un acte respectable et personne ne devrait être blâmé pour cela. Mais lorsque notre pays traverse une période sombre, minée par les difficultés économiques, sociales et sécuritaires, une question légitime se pose : est-il raisonnable de consacrer des ressources à l’autre bout du monde alors que tant de besoins urgents restent sans réponse chez nous ?

 

Il est difficile de comprendre cette volonté de « réparer le monde » sans commencer par réparer ce qui, chez nous, se fissure de toutes parts : hôpitaux sous tension, écoles en difficulté, services publics à bout de souffle, classes moyennes qui s’appauvrissent et sentiment d’abandon qui s’installe dans une partie croissante de la population.

 

La solidarité commence chez soi. Prendre soin de notre société, de nos concitoyens, de ceux qui peinent à boucler leurs fins de mois, qui renoncent à se soigner ou qui vivent dans des territoires délaissés par les services publics devrait constituer une priorité. Une nation fragilisée de l’intérieur ne peut durablement prétendre être un pilier de soutien pour le reste du monde. Ce n’est qu’une fois ces bases consolidées que l’aide extérieure peut retrouver tout son sens et sa légitimité.

 

Ce raisonnement n’a rien d’idéologique, ni d’extrémiste : il est simplement pragmatique et réaliste. Reconnaître que l’on ne peut pas tout faire en même temps, aider tout le monde sans se fragiliser soi-même, relève d’une gestion lucide, pas d’un positionnement politique radical.

 

On objectera que tout cela relève du rôle de l’État. C’est vrai. Mais comment faire abstraction du contexte financier dans lequel il agit ? Avec plus de 3 000 milliards d’euros de dette, quelle est réellement sa marge de manœuvre ? Nous ne sommes pas responsables de la mauvaise gestion des finances publiques par nos dirigeants, et il ne nous appartient pas non plus d’en porter seuls le poids : nous contribuons déjà largement par l’impôt. Si je rappelle ces chiffres, c’est pour souligner une évidence : lorsqu’il s’agit de mobiliser des ressources, faisons-le d’abord chez nous, là où les besoins sont réels, visibles et urgents.

 

La solidarité internationale est une noble ambition. Mais elle ne peut être durable que si elle repose sur un socle national solide. Aider les autres ne devrait jamais signifier s’oublier soi-même. Prioriser, ce n’est pas renoncer à ses valeurs ; c’est leur donner une chance de durer.

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